samedi, mai 09, 2009

Sur les talus et dans les haies : les stellaires

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Elles fleurissent depuis un mois. Légères, sur leurs tiges courbées à la base puis se redressant. Elles sont groupéees en bouquets souples ou forment de véritables tapis. .
La stellaire holostée, Stellaria holostea, est commune en France. À l'exception des zones méditerranénnes. Elle est présente dans toute l'Europe, au delà de l'Oural. Elle pousse sur les talus et dans les haies, mais on la trouve aussi près des ruisseaux, des fossés, comme dans les bois ou à leur lisière.
. . Un de ses noms vernaculaires : fleur de satin. Pour l'éclat velouté de ses pétales. Nos ancêtres étaient plus lyriques. Ainsi ce texte qui la décrit :
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« (...) au bord des bois, sur les pelouses, le long des chemins, &c. qu'elle embellit au premier printemps par l'abondance de ses fleurs d'un blanc de lait. Il semble qu'elle concourt, par sa fraîcheur, à la douceur des sentimens qui affluent à cette époque de l'année dans les ames sensibles, gonflent le cœur des amans de la nature. » .
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Extrait du Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts. Principalement à l'Agriculture et à l'Economie rurale et domestique : par une société de naturalistes et d'agriculteurs.
Ouvrage édité l'an XI - 1803.

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vendredi, mai 08, 2009

« Ils allaient si mal avec cette beauté lumineuse et fragile de Paris »

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Lundi 8 juin 1942

. « Il fait un temps radieux, très frais – un matin comme celui de Paul Valéry. Le premier jour aussi où je vais porter l’étoile jaune. Ce sont les deux aspects de la vie actuelle: la fraîcheur, la beauté, la jeunesse de la vie, incarnée par cette matinée limpide – la barbarie et le mal représentés par cette étoile jaune. » .


. Samedi 30 octobre 1943

« Je voulais encore marcher ; et à nouveau la Seine m'a attirée. Je ne suis pas descendue sur la berge, mais j'ai suivi le cours la Reine, en longeant le parapet, et en marchant dans les feuilles mortes odorantes. Le soleil avait percé et le ciel était bleu. Il y avait une débauche d'ors, les dernières feuilles de marronniers étaient de cuivre, l'herbe des pelouses d'un vert d'émeraude, le ciel pur, lumineux, léger, le parfum tenace des feuilles froissées, et partout dans l'air la saveur un peu âcre et si automnale des feux de feuilles mortes. La Seine pailletée de lumière, c'était d'une beauté irréelle, fragile, splendide. Place de la Concorde j'ai croisé tant d'Allemands ! avec des femmes, et malgré toute ma volonté d'impartialité, malgré mon idéal (qui est réel et profond), j'ai été soulevée par une vague non pas de haine, car j'ignore la haine, mais de révolte, d'écœurement, de mépris. Ces hommes-là, sans le comprendre même, ont oté la joie de vivre à l'Europe entière. »


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« J’ai voulu, un après-midi, suivre ces mêmes rues pour mieux me rendre compte de ce qu’avait pu être la solitude d’Hélène Berr. La rue Claude-Bernard et la rue Vauquelin ne sont pas loin du Luxembourg et à la lisière de ce qu’un poète appelait «le continent Contrescarpe», une sorte d’oasis dans Paris, et l’on a de la peine à imaginer que le mal s’infiltrait jusque-là. La rue Edouard-Nortier est proche du bois de Boulogne. Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et l’Occupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom d'Hélène Berr, qui savait qu'elle était au plus profond du malheur et de la barbarie: mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un Journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans l'avenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celle des millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix d’Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie. »

Patrick Modiano
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Le Journal d'Hélène Berr a été édité aux Éditions Tallandier.
Préface de Patrick Modiano.
Texte suivi de Hélène Berr, une vie confisquée, par Mariette Job

jeudi, mai 07, 2009

Jardins de couleur : Chaumont 2009

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Sur le thème de la couleur, Chaumont propose son 18e festival. Avec pour président un historien au nom rêvé : Michel Racine. Et parmi les participants : Armelle Renard, Anne-Fleur Aronstein, Florence Mottes, Alvaro De La Rosa Maura et Chilpéric de Boiscuillé.
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Le Festival est si bien présenté dans son dossier de presse que c'est une invitation à la paresse. Pour en savoir plus, suivez le lien contenu dans les lettres colorées ! .

mardi, mai 05, 2009

L'Observatoire Des Saisons

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« Les plantes comme les animaux sont sensibles aux variations de température et à la durée du jour (photopériode). Ainsi les différentes étapes du développement d’une plante sont déclenchées en fonction des changements de température et de photopériode. Le cycle biologique de la végétation et de la faune est donc fonction des saisons. »
C'est ce rythme saisonnier que l'ODS vous propose de suivre. Observer le vivant, en compagnie de chercheurs. Il est possible de participer :
« Selon un protocole simple établi par des chercheurs et des médiateurs scientifiques, ne demandant ni connaissances préalables, ni matériel spécifique, vous établirez des relevés sur la flore et la faune, élaborerez une démarche scientifique, et traiterez vos observations.»
Comme l'a annoncé Tela botanica : La première lettre de l’Observatoire des Saisons sort avec le muguet. Vous la trouverez, comme toutes les informations utiles, sur le site de l'ODS.

Bouquet improvisé au pied d'un arbuste

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Une branche de l'oranger du Mexique touche le sol. L'herbe si proche de l'arbuste n'est pas tondue. Deux fleurs sauvages et voilà un bouquet. Le soir, quand la journée a été chaude, il y a déjà ce lourd parfum de fleurs blanches.
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lundi, mai 04, 2009

Feuillages au jardin, les iris

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Leur floraison est achevée. Les hampes florales ont été coupées. Ce sont des iris divisés l'été dernier. Ils n'ont pas encore atteint leur taille adulte.
Mais leur feuillage a déjà ce mouvement qui fait songer à un tableau du Douanier Rousseau.
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Plus loin, caché sous les branches d'un arbuste, un plant de fraisier. D'où est-il venu ? Une certitude : je ne suis pas la seule à l'avoir remarqué.

samedi, mai 02, 2009

«Ces merveilleux chatons du pin en fleurs»

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Hier le 1er mai. Journée de lutte, défilé obligatoire des anciennes républiques socialistes, une journée porteuse d'espoir ou illustration des rêves brisés. Cortèges courageux, joyeux, ou conventionnels, fête absente dans un pays occupé, procession de routine, oublieuse des exigences passées, le 1er mai a tant d'aspects.
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En hommage à une femme remarquable qui aimait la vie comme elle aimait la liberté, un texte extrait de sa correspondance.
On connaît les combats de Rosa Luxembourg. C'était aussi une femme éprise de littérature, de peinture et de botanique. Ses lettres à Sonia Liebknecht ont été éditées sous le titre Lettres de prison.
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Breslau, le 12 mai 1918


Sonitschka, votre lettre m'a donné tant de joie que je vous réponds sur le champ. Vous voyez le plaisir et le réconfort que vous procure une visite au Jardin botanique. Pourquoi n'en profitez-vous pas plus souvent ? Et je prends part à votre plaisir quand vous me décrivez aussitôt vos impressions avec tant de vivacité et de couleur ! Oui, je connais ces merveilleux chatons du pin en fleurs, qui sont d'un rouge rubis. Ils sont d'une telle beauté, comme la plupart des plantes en pleine floraison, que l'on a peine à en croire ses yeux. Ces chatons rouges sont les fleurs femelles dont naîtront les grandes pommes de pin, si lourdes qu'elles retournent leurs pointes vers le sol. À côté se trouvent les chatons mâles, peu apparents, qui sont d'un jaune pâle et qui répandent leur pollen doré.

Je ne connais pas le « pettoria » que vous décrivez comme une sorte d'acacia. Voulez-vous dire qu'il a les feuilles pennées et des fleurs papilionacées, comme l'arbre que l'on nomme « acacia » ? Comme vous devez le savoir, l'arbre que l'on appelle vulgairement ainsi n'est pas un acacia, mais un « robinier ». Le mimosa, par exemple, est un véritable acacia ; il a des fleurs d'un jaune soufre et embaume l'air, mais je ne pense pas que le mimosa pousse en plein air à Berlin, car c'est une plante des pays chauds.
En Corse, j'ai vu sur la place d'Ajaccio de merveilleux mimosas qui fleurissaient au mois de décembre, c'étaient des arbres immenses... Ici, je ne peux malheureusement voir le feuillage des arbres que de loin, de ma fenêtre, et j'aperçois leurs cimes par-dessus le mur. J'essaie d'en deviner l'espèce par la forme et la couleur, et je crois que, dans l'ensemble, je ne me trompe guère.
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L'autre jour quelqu'un a apporté une branche cassée dont la forme étrange a surpris tout le monde. On s'interrogeait sur sa provenance. C'était une branche d'orme. Souvenez-vous, je vous ai montré dans la rue du Südende des ormes couverts de petits fruits d'un rose pâle légèrement verdâtre. C'était aussi au moi de mai, et vous avez été enthousiasmée par cet extraordinaire spectacle. Ici, les gens habitent depuis des dizaines d'années dans des rues plantées d'ormes, mais ils n'ont jamais observé ces arbres en fleurs... Et ils ne s'intéressent pas davantage aux animaux. Au fond, la plupart des citadins sont de véritables barbares... »
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Rosa Luxembourg
.Lettres de prison. Traduit par Michel Aubreuil. Éditions Bélibaste.
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