jeudi, septembre 28, 2006

Les marguerites, pour Guitl qui dit ne connaître le nom que d'une seule fleur

Etait-ce une boutade, parlait-elle sérieusement ? Mais il fut question de marguerites, ces jolies fleurs un peu naïves. Boudées dans trop de jardins. Leur simplicité déplairait-elle ?

Longtemps on en cueillit des brassées dans les champs. Fleur de l'Histoire aussi. En compagnie du coquelicot et du bleuet. Oui, les couleurs nationales des ancien bouquets de 14 juillet.

Toutes les cueillettes ne sont pas exemptes de danger. De fines tiges fleuries ont dit le refus de se soumettre, annoncé les combats à venir. Dans la nuit qui précéda le 14 juillet 1940, des femmes et des hommes ont déposé au pied des Monuments aux morts de la guerre précédente des bouquets tricolores.

Marguerites, coquelicots, bleuets, fleurs des champs devenues signal. « C'est un signe de reconnaissance improvisé, pour ceux qui ne se résignent pas à cesser le combat, pour ceux qui ont rejeté l'agenouillement de la République à Vichy le 10 juillet. Les hommes et les femmes se rassemblent pour chanter la Marseillaise. Ils sont encore peu nombreux, mais ils sont là. »
Messagères silencieuses dont la nuit n'a pu masquer l'éclat. Fleurs fragiles et têtues posées sur la pierre. Puis le chant interdit. Dans combien de villes et de villages ?

Source et citation : Pierre Miquel, Petite histoire des fleurs de l'Histoire (Albin Michel) Photo : Adam Hauner

2 commentaires:

guitl a dit…

je ne savais pas que Pierre Miquel écrivait sur les fleurs. L'histoire est jolie, digne de nos grand-mères. Elles n'éprouvaient pas de honte à montrer leurs sentiments.

claire a dit…

très émouvant