lundi, novembre 16, 2009

À Molenbeek, un Jardin urbain pour tisser des liens

.Photos personnelles. L'une prise dans une jardinerie,
la seconde dans un autre jardin.
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Merci à JEA* de m'avoir transmis la nouvelle.
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Une mare où fleurit un nénuphar, des graminées, de jeunes arbres, des capucines : un beau choix de végétaux. Cette simplicité séduit. On aimerait la rencontrer plus souvent. Un jardin se crée en ville. Un jardin d'agréments. Ils sont multiples. Les riverains disposent d'un lieu où se rencontrer. Précieux liens humains.
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Lieu de travail et d'apprentissage. Seul celui qui n'a jamais tenu une bêche se demandera en quoi consiste le travail.
Un jardin est un lieu d'observation privilégié. Comment vivent les plantes, quels soins leur sont nécessaires, quels insectes, quels animaux s'en nourrissent, lesquels attirent-ils ? En un même espace place à la théorie et à la pratique.
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Les habitants du quartier sont invités à porter leurs déchets végétaux. Un enfant transporte un seau empli de feuilles et d'épluchures avec le sérieux qu'imposent la tâche et son âge. Puis il les verse dans un bac réservé au compost.
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Assises à une table, des femmes bavardent. Les capucines m'évoquent une ronde ancienne. Elle chantait une pauvreté oubliée. Oubli momentané. Un après-midi à Molenbeek. Un lieu de vie s'est créé en ville.
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À l'origine, une association : La Rue. C'est d'elle qu'est né le projet de transformer un terrain servant de dépotoir sauvage. Pour le parrainer : la Cera.
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Une page sur le site du quotien belge Le Soir pour en savoir un peu plus et regarder un film de quelques minutes : ici.
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*JEA : blog personnel Mo(t)saïques
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jeudi, novembre 12, 2009

Arbres en ville

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Malgré son harmonie et l'ocre rosé de la façade le bâtiment reste étrange. Vide, déserté. Abscence perceptible. Elle s'inscrit sur la pierre. Le seul signe de vie n'est que reflet. Celui d'un arbre dans un jardin qui lui fait face.
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Plus loin un parc. Des feuillages encore verts ou brunis.
Mais au détour d'un chemin, un écureuil. Il marche comme on danse. Nous sommes quatre à nous immobiliser. Il traverse l'allée puis se dirige vers une maison. J'échange deux mots avec l'homme le plus proche de moi. Il a presque oublié les mots. Mais nous nous saluons. Une même observation nous a réunis un instant.
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mardi, novembre 10, 2009

Berlin, nuits de novembre

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Depuis quelques jours, profusion d'images et de paroles. Scènes répétitives : un mur détruit. Liesse interminablement remise en scène. Rejouée. Témoignages, images d'archives déferlent sur tous les supports d'information.
Mur de la honte ? Mais d'une honte plus ancienne. Une commémoration orchestrée ne saurait effacer les monstruosités qui précédèrent sa construction.
Images en boucle, comme un écran. Paroles qui masquent d'autres échos.
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Nuit du 9 au 10 novembre 1938. À Berlin, dans toute l'Allemagne.
« Ce sont probablement les Berlinois qui donnent à ce pogrom le nom de« Nuit de Cristal » en raison des milliers d’éclats de verre des vitrines brisées qui recouvrent les trottoirs* ».
1938, l'inhumanité des deux côtés des frontières. À l'œuvre, qu'elle soit haine ou indifférence.
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Lumière rouge
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Lumière rouge,
Les yeux des loups se voilent
De sang.
Chargé de destins
Le camion trépide,
Toutes les lettres dans les sacs
Savent qu'il est trop tard,
Et tendus de grands ponts attendent
Le dernier malheur implacable.


Reizl Zychlinski
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* Mémorial de la Shoah : « La nuit de cristal ».
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samedi, novembre 07, 2009

Novembre

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Les nuages, les reflets. Mouvements changeants du ciel et de la pluie.
À en oublier le niveau intermédiaire.
Ce temps demande un sens pratique très développé.









mardi, novembre 03, 2009

Paysages et jardins de Chine

. Photo : Éolienne
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Promenade en Chine sur un blog que j'aime. Images, instants saisis. Une flâneuse attentive. À suivre...
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Un livre qui y est conseillé :
Dans un jardin de Chine, de Jacques Pimpaneau.
(Éditions Philippe Picquier)
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Pour s'initier à la perception du paysage en Chine, un document d'Émanuelle Leclerc et Shunyao Luo. Aperçu précis. Il aborde aussi la relation au paysage en Europe. Porte entrouverte sur deux mondes. Ici
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Le blog Éolienne : (le premier billet date du 2 novembre).
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« Ils poussèrent un cri d'admiration en entrant : juste en face d'eux s'élevait une "montagne" abrupte couverte de verdure qui leur cachait le reste. "Sans cette colline, fit remarquer Jia Zheng bien que ce fût une évidence, on verrai l'ensemble du jardin dès l'entrée et il n'y aurait plus de mystère." En contemplant cette montagne en réduction, ils observèrent un grand nombre de grands rochers bleus aux formes variées et étranges qui s'élevaient en étage sur un des cotés, certains couchés, d'autres dressés ou plus ou moins inclinés ; leur surface était rayée et parsemée de mousse ou lichen, ou en partie dissimulée par des plantes grimpantes. À travers, ondulait un sentier étroit à peine discernable. »
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Cao Xueqin, Le Rêve dans le Pavillon rouge cité par Jacques Pimpaneau, Dans un jardin en Chine
(Source : site de la BNF)
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La salicaire pourpre invitée au Jardin botanique de Berlin

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Photos : Bernard Lacrouts (septembre 2009)
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Une plante sous bonne garde. Il est probable que des graines s'échapperont quand on enlevera son chassis de toile. Et qui sait, un vent favorable ce jour là...
La salicaire pourpre, Lythrum salicaria, est une vivace, commune dans toute l'Europe. Elle aime les lieux humides. Sa floraison, de longs épis rouge-violet, s'échelonne de juin à septembre.
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Au Canada et aux États-Unis où elle a été introduite, elle colonise de grands espaces, menaçant les plantes indigènes, comme les animaux à qui elles sont nécessaires. D'où cette installation dans un espace très limité au jardin botanique. Punie ? Une guérite pour rappeller son indiscipline ?
Aide-mémoire paradoxal.
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Plus loin une ramonda, endémique pyrénéenne. Ramonda pyrenaica, que protège une simple ombrière. Elle n'a point l'humeur si vagabonde.
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Les belles invasives sont l'objet de débats passionnés. Mais au ton austère des amateurs de croisades, je préfère l'humour du Conservatoire végétal du Mississipi.
Sur son site, une vidéo vous permettra de regarder des champs entiers de salicaires (à 4' environ). Sur des pages québecquoises vous trouverez une description de la plante et des observations sur la façon dont elle pousse le long du Saint-Laurent :
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lundi, octobre 26, 2009

Le Jardin botanique d'Erevan : entre abandon et convoitises, un espace précieux menacé.

. Entrée du jardin botanique. Photo : Berezni
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Créé en 1935, le Jardin botanique abrite un Institut et des collections végétales. Clématites, sorbiers, conifères, pour n'en citer que quelques unes. Parmi les représentants de la flore locale, une variété de hêtre, des chênes : Fagus sylvatica, Quercus macrantha, Quercus ibirica.
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Flore si riche d'Arménie, des champs de blés sauvages aux variétés d'iris rares. Un jardin botanique ne peut l'enclore. Mais il n'en est pas moins unique, nécessaire. On retrouve le nom de celui d'Erevan sur les listes des grands conservatoires internationaux.
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Lieu d'étude, d'observation, de promenade, beauté offerte aux visiteurs. Mais aussi espace négligé par les pouvoirs publics. Les jardiniers y sont moins nombreux. Les vitres des serres brisées ne sont pas remplacées. Pour prendre soin il faut des moyens matériels suffisants.

Pour Gagig Movsesyan, directeur de recherche, ce manque de crédits est volontaire. L'espace ouvert (et utile) à tous pourrait un jour se transformer en espace privé réservé aux plus fortunés.
Espérons que ce projet cynique n'aboutisse jamais, que le refus se dise au-delà des frontières.
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Les jardins et les instituts botaniques jouent un rôle essentiel dans la préservation des plantes. Ils sont sources de connaissance. Ils témoignent de la diversité végétale. Ils ont su la protéger. Avant même que nous ayons conscience de sa fragilité. Abandonner le Jardin d'Erevan serait y renoncer un peu plus. Bien au-delà de cette terre d'Arménie que chantait Éghiché Tcharents :
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J’aime notre ciel obscur, les sources limpides, le lac de lumière,
L’été torride, l’auguste tempête-dragon soufflant de l’hiver,
Les murs noirs de misère de nos maisons perdues dans la nuit,
Et de nos millénaires cités antiques, — j’aime la pierre.

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Éghiché Tcharents. Éloge de l’Arménie.
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Source :
Armenian Botanical Gardens Looking to Blossom. Article en ligne ici.
Les vers de Tcharents ont été empruntés à Esprits nomades. Sur la page Missak Manouchian.
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Illustrations :
Le mont Ararat, tableau de Gevork Bashindzhagian. Musée National des Beaux-Arts d'Erevan.
Serre dans le Jardin botanique d'Erevan. Septembre 2009. Photo de Kolja Epop.

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